Checkpoint : Début de l’été 2022

Checkpoint : Début de l’été 2022

Oulalalala … Comme le temps passe vite, déjà 3 mois qui se sont écoulés ici, et le début de l’enfer l’été se fait sentir à grands coups de canicules et de taux d’humidité délirants ! Dans cet article je vais vous parler ce qui s’est passé dans ma vie à Tokyo après plusieurs semaines d’adaptation, l’école, les sorties, tout ça tout ça … Bonne lecture 🙂

Vie à Tokyo

Ah, la vie Tokyoïte, c’est quelque-chose ! Tokyo est une ville absolument immense, tellement grande que c’est bien plus qu’une ville, c’est carrément une agglomération de plusieurs municipalités, un peu comme les arrondissements de Paris. Parmi les 23 arrondissements de Tokyo, on y retrouve par exemple les arrondissements de Shinjuku, Minato, Chiyoda, Shibuya …

La carte des 23 arrondissements de Tokyo

Actuellement, je vis dans la préfecture de Shibuya, près du nouveau stade qui a été construit pour accueillir les Jeux Olympiques en 2020, où les épreuves se sont finalement déroulées à huis-clos en 2021 à cause de la Covid-19. Dommage, le stade a vraiment de la gueule, et tous les aménagements autour du stade en font vraiment un lieu agréable pour s’y promener, je sais de quoi je parle, j’y passe tous les jours pour aller en cours !

Bon sinon, que dire du quotidien ici ? A vrai dire, le constat est plutôt en demi-teinte. Vivre dans une si grande ville, avec beaucoup de services, tout à proximité, un réseau de transport de pointe, présente forcément beaucoup d’avantages et offre pas mal de libertés. On trouve facilement ce qu’on veut, tout est ici ou là, à quelques rues ou arrêts de métro.

Mais forcément, dans une mégalopole aussi grande, il faut s’attendre à ce qu’il y ait du monde, beaucoup de monde … Aux premiers abords, on trouve ça sympa, c’est vivant, il y a de quoi se divertir absolument partout, mais à la longue, ça devient assez fatiguant. On doit assez souvent faire la queue, partout, même pour aller au restaurant, ou pour faire du sport. Les transports, bien que très optimisés, sont horribles aux heures de pointe, et les gares principales (souvent les plus grandes) peuvent se transformer en labyrinthes interminables au milieu de la foule (coucou Shinjuku).

Autre conséquence, il n’y a pas beaucoup de place, que ça soit dans les rues ou parfois les restaurants. Les buildings nous cachent souvent la vue du ciel. Bref, j’ai l’impression de me sentir à l’étroit un peu partout ici. Enfin (après j’arrête de me plaindre), j’ai parfois le sentiment de manquer d’intimité : partout où on va, il y a forcément quelqu’un.

Bien sûr, il n’y a pas que du mauvais, j’aime beaucoup ma vie ici, mais rien n’est parfait ! Heureusement, le Japon et son réseau ferré parmi les plus développés au monde, permettent facilement de sortir de la folie hyper-urbaine afin de reprendre un peu son souffle.

Il fallait également que je fasse un petit point sur la météo ici, car cette année semble particulière. Fin Juin, nous avons eu quasiment 10 jours de grand Soleil à plus de 35 degrés le jour, pour 30 degrés la nuit. La chaleur, couplée à l’humidité, était insupportable, et cette météo est anormale en cette période de saison des pluies. Celle-ci s’est terminée prématurément de 22 jours, une première depuis le début des prises de mesures au Japon. Les gens d’ici s’inquiètent pour les mois de Juillet et Août, car ce sont eux qui sont habituellement les plus chauds de l’année, et c’est sans parler des problèmes liés à l’énergie, poussant le gouvernement à demander au Japonais de moins consommer par peur de risquer les coupures de courant générales …

L’école et l’apprentissage du japonais

Cela fait 3 mois aujourd’hui que j’ai commencé les cours de japonais, et les progrès se font sentir !

Comme je l’expliquais dans mon article précédent, mon niveau est un peu au-dessus de celui de ma classe, et bien que j’avais peur de me lasser avec le temps, j’ai finalement bien fait de ne pas changer de classe. En effet, j’ai certes plus d’expérience que les autres élèves (ça fait plus de 5 ans que je m’intéresse à la langue), mais j’ai des lacunes, surtout à l’oral. Les cours me permettent de corriger ces lacunes, et en plus, je ne suis pas du tout lassé, car les notions que l’on voit sont souvent nouvelles pour moi.

Dans l’article précédent, je parlais des élèves en ligne et en présentiel. A ce jour, nous sommes 11 sur 15 à être en présentiel, et parmi les 4 encore en ligne, seul 1 est sérieux, les autres ne vont certainement pas continuer au vu de leurs absences fréquentes. C’est donc une bonne nouvelle !

Depuis 2 mois maintenant, j’ai adopté une certaine routine de travail, en vue de passer le JLPT N2 au mois de Décembre. J’ai investi dans des livres orientés JLPT, et tous les jours, en plus des cours, j’essaye d’effectuer mes leçons quotidiennes, ce qui me prend en moyenne 2 heures par jour. Les livres que j’utilise sont les Nihongo So Matome, pour JLPT N3 et N2.

Pour rappel, le JLPT (Japanese Language Proficiency Test), c’est un examen qui permet d’évaluer son niveau en Japonais. Du N5 (grand débutant) au N1 (Connaissances natives), la difficulté entre les paliers est exponentielle, et je me situe théoriquement au niveau N3. Pour trouver du travail au Japon, le niveau N2 est le plus demandé, et le N1 est parfois nécessaire.

Cette routine quotidienne se décompose en 3 parties :

  • Grammaire : 3 à 4 points de grammaire
  • Vocabulaire : environ 20 à 30 mots par jour
  • Kanji 漢字 (caractères d’origine chinoise) : 8 à 9 caractères avec leurs combinaisons
Exemple de Kanji basiques

J’ai pu remarquer pas mal de progrès en termes de lecture des Kanji, mais des progrès assez limités en vocabulaire et grammaire. Le programme étant assez chargé, il est difficile de digérer tous ces nouveaux mots et de s’en rappeler à long terme, sans compter les cours à côté…

Pour le parlé, j’ai aussi beaucoup progressé, mais je reste assez dépendant des « bons jours » : Il y a vraiment certains jours ou j’arrive à peu près à dire tout ce que je veux, et d’autres ou même les phrases basiques ne sortent pas. Autre petit détail amusant, l’alcool aide réellement à délier les langues, à ce stade ce n’est plus un mythe, mais je n’ai pas l’intention de me mettre à boire tous les jours non plus !

A l’heure où j’écris ces lignes, je suis en vacances scolaires, et à la rentrée, un remaniement des classes doit se faire pour s’aligner sur les objectifs des élèves : Trouver du travail, aller à l’université… J’ai cru comprendre que ma classe à la rentrée serait orientée JLPT N3, ce qui me convient très bien !

Le travail

Pour le moment, je n’ai toujours pas commencé à chercher un job étudiant, simplement car je voulais profiter du Printemps et de l’été pour voyager, faire des activités et me focaliser sur l’apprentissage du japonais.

Cependant, j’envisage de chercher un job étudiant à la fin du mois d’Août, après les vacances d’été, histoire de limiter les frais.

Pour ce qui est d’un vrai travail à temps plein, bien évidemment j’attends la fin de mon année scolaire pour m’y mettre, bien que je n’ai pas encore d’idée bien précise de ce que je souhaite faire ici …

Les activités

Depuis mon arrivée, outre les sorties habituelles dans les bars ou restaurants, j’ai eu l’occasion de réaliser quelques activités bien sympathiques qui m’ont permis de me vider la tête à des moments où j’en avais vraiment besoin.

Kanotoiwa Rock

Petite sortie à environ 1 heure de voiture à l’Ouest de Tokyo, c’est la première fois depuis mon arrivée que je sors de la capitale pour respirer un peu d’air frais des montagnes et des forêts japonaises. L’endroit est connu pour ses nombreuses cascades, mais surtout pour le passage au sein d’une cavité rocheuses, donnant réellement l’impression d’être un aventurier.

Mont Oyama

Le Mont Oyama est une petite montagne d’un peu moins de 1300m de haut, considérée comme un lieu sacré et lieu de pèlerinage par les japonais. A une heure et demie de transports depuis Tokyo, nous avons entamé l’ascension à 14h, et sommes redescendus à 19h avant d’entamer le retour dans la capitale.

Point de départ de l’ascension du Mont Oyama

Pour arriver au sommet, différents chemins sont possibles. Pour arriver au premier checkpoint, il est possible d’emprunter un funiculaire moyennant quelques euros, mais nous avons décidé d’emprunter la voie des braves : à pied. Il a fallu donc choisir entre le 女坂 Onna-Zaka (Chemin des femmes) et le 男坂 Otoko-Zaka (Chemin des hommes). Pour l’ascension, nous avons opté pour le Onna-Zaka car on peut y trouver un temple plutôt sympathique à mi-chemin.

Temple sur le Onna-Zaka

Après environ 45 minutes, nous avons donc atteint le premier checkpoint, et quelle surprise ! On peut y trouver une sorte de station pour se reposer et acheter des boissons et de la nourriture, mais le plus impressionnant, c’est le temple qui se trouve en haut des escaliers de marbre gravés en rouge par les noms des contributeurs du lieu.

En haut des escaliers donc, on trouve donc le magnifique temple Oyama Afuri (大山阿夫利神社), qui surplombe les villes en contre-bas, délivrant un magnifique panorama. A cette étape, on se trouve déjà assez haut, mais le plus gros de l’ascension reste à faire.

Temple Oyama Afuri (大山阿夫利神社)

Le temps d’une petite séance photo, il a fallu ensuite reprendre les chemins escarpés et les escaliers de pierre afin d’atteindre le sommet. Après un peu moins de 2 heures, nous avons (enfin) atteint le sommet, qui contre toute attente était plutôt décevant. Le restaurant y était fermé, une zone était en travaux, et il n’y avait pas vraiment de point d’observation. Finalement, c’est au cours de l’ascension que se trouvaient les meilleurs points d’observation, avec notamment une scène incroyable du mont Fuji, sortant majestueusement la tête des nuages qui l’entouraient. C’est sans aucun doute le meilleur panorama de toute la journée.

Le superbe Mont Fuji, toujours la tête dans les nuages

Pour le chemin du retour, nous avons suivi la boucle toute tracée afin de ne pas revenir sur nos pas et continuer à découvrir d’autres pans de la montagne. Après avoir rejoint à nouveau le temple Oyama Afuri, nous avons choisi le Otoko-Zaka pour la descente. Au vu des escaliers très raides, on a bien fait de ne pas prendre ce chemin pour la montée !

Si vous êtes intéressés, les détails concernant la randonnée, comment accéder au lieu etc… se trouvent sur ce site.

Saut en parachute

C’était quelque chose que je voulais absolument faire au moins une fois dans ma vie, et j’ai eu la chance de réaliser ce rêve au Japon, plus précisément à la base aéronautique de Saitama à 1 heure de Tokyo. Vous avez bien lu, j’ai passé mon baptême de saut en parachute !

Il s’agissait d’une sortie organisée au sein de notre Share house, et nous étions au total 9 à sauter pour la première fois d’un avion volant à 4000 mètres d’altitude !

Malheureusement, j’ai choisi de ne pas prendre la vidéo car je pensais qu’elle serait de mauvaise qualité (GoPro attachée sur la main du moniteur qui saute en tandem), mais en voyant celle de mes camarades, je regrette un peu mon choix… Tant pis !

C’était une expérience folle, j’ai adoré et je peux affirmer sans aucun doute que je vais réitérer l’expérience à l’avenir ! Après environ 15-20 minutes trépidantes dans l’avion, c’est l’ouverture des portes et le silence s’installant dans la cabine au fur à mesure que les participants disparaissent dans le vide, qui font réaliser à quel point l’expérience est folle.

Quand vint mon tour, il a fallu se poser sur le rebord de l’aéronef. A peine le temps de contempler le paysage, qu’il faut sauter, et là, c’est l’apothéose. Une chute libre vertigineuse, le vent qui cogne contre toutes les parties de mon corps, la vue périphérique et la sensation de liberté, jamais je n’avais ressenti ça auparavant. La chute libre a duré environ 1 minute, qui paraît une éternité tant les sensations vous font oublier la notion de temps.

Après l’ouverture du parachute, c’est une toute autre expérience qui commence, avec environ 5 bonnes minutes à planer et admirer les environs tandis que les traits des bâtiments au sol se redessinent au fur et à mesure qu’on s’en approche.

A l’atterrissage, on regrette déjà que ça soit fini. Tout le monde a adoré son expérience, et certains sont à peine redescendus sur Terre qu’ils envisagent également de retenter l’expérience.

Conclusion

A l’issue des trois derniers mois, pas mal de choses se sont passées, et c’est une expérience complètement différente de celle que j’ai pu vivre à Kyoto en 2020. Cette fois, presque plus de Covid, des amis et nouvelles connaissances qui me poussent vers le haut, des activités insolites qui me boostent … Bref, c’est un plutôt bon départ, même si j’ai encore beaucoup de progrès à faire sur le plan social et scolaire !

Merci d’avoir lu cet article, et à la prochaine !

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