
Rétrospective 2023
Et une année de plus qui se termine. Les fêtes de fin d’année, les sourires, mais aussi les gens qui vous manquent. C’est aussi ça la vie d’expatrié à l’autre bout du globe ! Pendant que la plupart célèbre en famille et entre amis, je vais en profiter pour vous faire un point sur mon année 2023, qui n’aura pas été de tout repos ! Accrochez-vous, car j’ai beaucoup de choses à vous partager !
Il s’est passé quoi en 2023 ?
Fin 2022, je m’étais fixé de nombreux objectifs pour l’année 2023, notamment dans le but de m’installer définitivement au Japon. Plutôt qu’avec une approche thématique, je vais vous faire une présentation au fil des périodes clés de cette année, car celle-ci, bien que mouvementée, a été plutôt linéaire dans son ensemble.
Phase 1 : Janvier – Avril. Continuation.
Dans la continuité de l’année 2022, j’ai poursuivi mes études de langue dans le but de passer le JLPT N2, cette certification qui atteste d’un niveau suffisant en japonais pour communiquer dans un cadre professionnel en japonais.
Rappelons qu’avec mon échec cuisant de Décembre 2022, la prochaine session d’examen se tiendrait seulement 7 mois plus tard, en Juillet 2023, et je comptais bien mettre les bouchées doubles pour l’obtenir.
La motivation toujours présente, j’ai donc continué a me surpasser pour atteindre mon but. Cependant, bien que le N2 soit un bel objectif en soi, je gardais en tête que ce n’était juste qu’une certification qui devait me permettre de trouver du travail plus facilement. J’ai donc commencé à graduellement changer mon attention de cible à partir du mois d’Avril, pour me concentrer sur la recherche d’emploi, et les études de programmation.
C’est à partir de ce mois d’Avril que les choses sérieuses ont commencé pour moi !
Phase 2 : Avril – Juillet. Pas de répit.
Avril a été la plaque tournante de cette année d’un point de vue mental. Tout d’abord car j’ai quitté les cours de japonais de l’après-midi, pour intégrer ceux du matin, et ça aura été un plutôt gros changement de rythme, autant d’un point de vue de la routine que de niveau des cours.
En effet, le matin étant réservé aux niveaux N2 et plus, je me suis retrouvé propulsé dans une classe de gens très doués, travailleurs, et la qualité de l’enseignement s’en est retrouvé bien meilleure. J’ai tout de suite senti les résultats après seulement quelques semaines, et a ma grande surprise, j’enchainais les examens blancs de N2 aisément, ce qui m’a donné de la confiance pour le vrai examen du mois de Juillet qui s’est avéré positif !

A partir de fin Avril je le disais, j’ai commencé ma recherche d’emploi dans le domaine du développement web, et c’était sans aucun doute la période la plus éprouvante que j’ai vécue à ce jour depuis mon arrivée.
Sans parler de la difficulté de base que représente la recherche d’emploi, avoir a le faire dans une langue étrangère est un exercice très demandant physiquement et moralement. Ajoutez à ça mon inexpérience professionnelle, et vous obtenez des refus à la pelle, des spams de recruteurs prêts à vous refourguer n’importe quel job qui traîne pour remplir leur quota, des journées entières à retravailler vos CVs, lettres de motivation et portfolio pour qu’on vous dise qu’ils ne sont pas adaptés aux besoins du marchés…
En plus de tout cela, j’avais la pression montante de la deadline du visa en fin Septembre, soit quelques mois avant de devoir renoncer à tout ce que j’avais accompli jusque là. L’angoisse montait littéralement chaque jour, à chaque refus, à chaque entretien, car je savais que je n’avais pas le droit à l’erreur.
Bref, j’ai vraiment passé un sale quart d’heure, ce qui est un peu dommage car cette période de l’année est ma préférée au Japon. Heureusement, j’ai pu profiter de mes bros venus me rendre visite, et j’ai pu ainsi reprendre mon souffle en plein marathon.

J’ai également commencé à réaliser à cette période qu’après 1 an sur place, je commençais vraiment à me sentir à l’aise sur beaucoup de choses du quotidien, et notamment des choses qui pouvaient me donner des cheveux blancs un an auparavant lorsque je ne pouvais pas encore communiquer. Faire ses courses, prendre les transports, conduire une voiture, se déplacer à vélo, effectuer des démarches administratives… Toutes ces choses du quotidien qui, l’air de rien, sont très différentes de lorsque je les réalisais en France.
Revenons à nos moutons, et laissez-moi vous parler de ma proposition d’embauche, suivie des 3 mois décisifs qu’ont été Juillet, Août et Septembre.
Phase 3: Juillet – Septembre. Transition.
L’euphorie…
Vers la mi-Juillet, après presque 3 mois de recherche d’emploi, je suis finalement parvenu a décrocher une proposition d’embauche dans une entreprise acceptant des profils de tous les niveaux. Pour la première fois, j’allais intégrer une entreprise japonaise, et mener la vie de salary man que je visais depuis le début de cette aventure.
Cerise sur le gâteau, le visa est fourni avec le package. J’ai retrouvé le sourire en l’espace d’un coup de fil !
Mais, évidemment, ce n’était que le début. J’ai d’ailleurs l’impression que c’est toujours le début, peu importe ce que j’accomplis, et c’est un peu fatiguant de se le répéter, mais malheuresement c’est la réalité quand on décide de recommencer presque l’intégralité de sa vie dans un nouveau pays.
Une deuxième ascension du mont Fuji afin de marquer le coup, et j’enchaîne avec la partie un peu moins marrante de cette phase 3…

… avant le début des galères
Après l’annonce, suivie quelques jours après du moment de la signature du contrat, quelques mauvaises surprises apparaissent déjà. Le salaire n’est pas franchement bon, les tâches qu’on va me fournir ne sont pas définies, une période d’essai sous forme de CDD accompagnée d’une condition pour l’obtention du CDI : passer une certification en programmation (Java SE 11 Silver pour les curieux). Beaucoup de zones d’ombres, mais à ce stade je n’allais pas me permettre de faire le difficile. Je signe donc, et entame les procédures pour le changement de visa.
Au moment de la signature de mon contrat, il me restait 2 mois avant de terminer les cours (fin Septembre) et donc avant l’expiration de mon visa étudiant. En recherchant sur le web, j’apprends que la procédure de changement de visa prend en moyenne 1 mois, ce qui me laisse largement le temps de boucler mes derniers mois de cours, avant de transitionner vers mon nouveau poste d’ingénieur IT censé débuter en Octobre.
Les nombreux documents assidûment préparés, je me rends donc au bureau de l’immigration, lieu maudit par tous les êtres humains ayant expérimenté ses files d’attentes interminables et ses formulaires incompréhensibles. Cette première visite se passe plutôt sans encombre, malgré une petite confusion de ma part quand à l’ordre dans lequel je devais accéder aux guichets. En effet, au moment de tendre les nombreux documents à la personne au guichet, celle-ci me rétorque que je dois me rendre à une autre comptoir pour récupérer un document, avant de revenir à celui-ci. Heureusement, je suis chanceux et le jour de ma visite était plutôt calme, me permettant d’enchainer les guichets presque sans attente.
Cependant, un élément clé de cette histoire s’est joué lors de cette première visite : parmi les documents que j’ai fourni se trouvait mon diplôme d’enseignement supérieur, nécéssaire à la demande de visa de travail. A ma grande surprise, la personne au guichet, après avoir consulté les nombreux éléments de mon dossier, me rend la moitié de ces derniers, y compris le diplôme. Sur le moment, je me dis que c’est tout à fait normal, sauf que cela s’avèrera source de problème pour la suite. Evidemment, je n’en savais rien sur le coup !
C’était donc parti pour 1 long mois d’attente avant d’obtenir des nouvelles de ma demande. Je continue donc d’aller en cours, mais en vérité, à ce moment là, mon esprit n’est plus à l’apprentissage du japonais. J’avais atteint mes 2 objectifs, passer le JLPT N2 et décrocher un travail. A ce moment, j’étais entre deux phases clés de ma vie, et j’avais du mal à trouver du sens à aller en cours.

Les semaines d’un été suffoquant passent donc, et après un peu plus d’un mois, je reçois enfin une lettre de la part de l’immigration. Le soulagement, à seulement 1 mois avant la fin de mon visa étudiant… Sauf que tout ne se passe pas comme je l’imaginais. Cette lettre renfermait des instructions pour faire parvenir des documents supplémentaires pour ma demande de visa. Autrement dit, c’est seulement après ces longues semaines qu’ils se sont rendus compte qu’il manquait … mon certificat de diplôme en France ! Et oui, celui qui m’a été rendu lors de ma première visite !
A ce moment, je ne vais pas vous mentir, je commence à paniquer. Mon entreprise me presse de faire les démarches administratives car je suis censé commencer mon contrat dans moins d’un mois. De mon côté je commence à penser que je n’ai pas les documents nécessaires, et encore plus quand, après avoir renvoyé document demandé par la poste, je reçus à nouveau le même type de lettre la semaine suivante.
Cette fois, je décide d’y aller en personne plutôt que de poster le document. Sauf que ce jour la, c’était l’apocalypse à l’immigration. J’ai passé 3 heures à attendre mon tour juste pour donner mon document au comptoir. Le trajet prenant 1 heure aller-simple, c’était donc une après-midi complète de gâchée pour faire le postier. Sauf que j’ai bien fait, car 2 semaines plus tard, tout juste une semaine avant la date butoire du visa, je reçois la lettre salvatrice, mon visa était prêt, et je devais aller le chercher. Ni une, ni deux, je saute dans le train et après quelques heures d’attente, je ressors avec le saint Graal en poche !
Au même moment, je terminais ma dernière semaine de cours, qui s’est clôturée par un restaurant avec toute la classe et les professeurs. Une année et demie d’apprentissage, des centaines d’heures investies, des rencontres, et enfin des émotions car j’allais enfin commencer la vraie aventure ici, celle où je peux enfin me concentrer sur des choses concrètes et qui ont du sens pour ma carrière.

Phase 4: Octobre – Décembre. Adaptation.
Premiers pas dans la cour des grands
2 Octobre 2023, mon premier jour officiel en tant qu’ingénieur IT dans une entreprise japonaise, au Japon. Pour écrire cette phrase, cela m’a demandé 1 an et demi d’efforts, de sacrifices et d’économies parties en fumée. Mais c’est sans regrets !
La semaine auparavant, j’ai profité d’avoir du temps libre pour visiter l’île artificielle d’Odaiba, qui était bien sympathique avec sa plage et ses paysages à l’américaine !

Le jour J, j’enfile donc mon meilleur costume de salary man, et me rends à l’endroit qui m’a été indiqué. Un open space situé dans les hauteurs d’un gratte-ciel, en plein coeur des quartiers business de Tokyo. Je me sens tout petit et un peu décontenancé face à ce nouveau monde dans lequel je viens de faire irruption. Je rencontre donc 2 collègues, ainsi qu’une nouvelle employée, comme moi. Nous recevons nos ordinateurs, puis on nous explique la politique de l’entreprise et son fonctionnement. Le tout étant en japonais, j’avoue avoir compris à peine le quart de ce qui nous a été transmis, mais ce n’est pas grave.
En dehors de cette introduction, nous n’avons rien fait de plus de la journée, et à 18 heures il était temps de rentrer. J’apprenais que dès le lendemain j’allais travailler en distanciel, car l’office de Tokyo était en déménagement.
Dès le lendemain donc, depuis ma petite chambre dans laquelle j’étais resté ces 18 derniers mois, je commençais donc ma formation pour intégrer l’équipe de développement interne de l’entreprise. J’apprends beaucoup sur la façon de travailler, mais également sur le réel fonctionnement de la société.
Il s’agit d’une entreprise du numérique (IT) de type SES (System Engineering Service), un système très répandu au Japon. Le concept est assez simple : l’entreprise recrute et forme des ingénieurs de tous les niveaux, même des personnes n’ayant jamais écrit de lignes de codes de leur vie, du moment qu’elles sont prêtes à apprendre. L’entreprise va donc former les nouvelles recrues en les faisant participer à des projets de développement en interne, en leur demandant d’étudier sur leur temps libre.
Après quelques mois, lorsque l’employé a monté en compétences, vient le moment le plus important de ce système, à savoir l’outsourcing. En effet, le point clé de ces entreprises SES, est qu’elles « prêtent » leurs ingénieurs à des entreprises qui ont des projets temporaires, mais qui ne cherchent pas à embaucher, ou former du personnel. A la place, ces entreprises clientes vont « louer » des ingénieurs prêts à l’emploi auprès des entreprises SES.
Jusqu’à un peu plus tôt cette année, je n’avais aucune idée de l’existence de ce système, mais il est omniprésent ici. J’ai un peu l’impression que ce système s’apparente au système du consulting en France, même si ici il est plutôt orienté IT.
Changement de décor
Passant mes journées de travail dans ma petite chambre partagée, sans lumière du Soleil, j’ai commencé à me dire qu’il était peut-être temps de déménager et trouver un endroit un peu plus confortable, d’autant plus que je commençais à enfin percevoir des revenus.
Après de longues recherches infructueuses, j’ai eu un énorme coup de chance. Un ami a moi venait juste d’acheter un grand appartement dans le but de le transformer en colocation, et il cherchait désormais des résidents pour remplir les chambres.
Un peu dubitatif aux premiers abords, j’ai tout de même décidé d’aller lui rendre visite, et là, c’est le coup de coeur. Un appartement spacieux, refait à neuf, dans un quartier résidentiel proche de la gare, et à ma grande fortune, une chambre orientée sud avec grande bévitrée était encore libre. Ni une ni deux, je fais savoir à mon ami que je comptais emménager, et après signature du contrat et un petit mois de préavis, me voila installé dans ma nouvelle chambre privée, après 18 mois de cohabitation permanente.

Routine … ?
Après une période interminable de changements et démarches administratives, a commmencé une période un peu plus… monotone dirons-nous. Bien que le premier mois et demi de travail ait été assez difficile en termes d’adaptation et d’apprentissage, je suis désormais plus à l’aise avec les tâches qu’on me demande, et je pense même plutôt bien me débrouiller, sans doute grâce à mon année d’apprentissage autodidacte du développement web.
Jusqu’à maintenant, mes journées de travail commencent à 9:30 pour se finir à 18:30. J’avoue que ça change de mon ancien poste en France ou je terminais à 16:30, me laissant le reste de la journée pour profiter. 18h30, c’est un peu difficile, car avec les tâches du quotidien il ne reste vraiment que peu de temps libre. Je ne suis cependant pas à plaindre, la plupart des gens ont soit des heures supplémentaires obligatoires, soit en moyenne 1 heure de transport, soit les deux.
Heureusement, je parviens tout de même à profiter du temps libre pour sortir de la ville avec mes anciens colocs, partageant par exemple un weekend au camping à Okutama, dans une ambiance de camp de vacances. C’était vraiment chouette !

Cela fait maintenant 3 mois que j’ai commencé ce nouveau travail, et j’ai un avis mitigé sur celui-ci. Le contenu du poste n’est pas franchement intéressant (le développement du projet est sous-traité, et nous ne faisons presque uniquement que du contrôle qualité), le salaire est à des années lumières de ce à quoi je devrais pouvoir prétendre, même ici au Japon, et ce système de SES est un peu vicieux car je risque d’être assigné à un projet que je ne veux pas réaliser.
Par exemple, on m’a indiqué que j’allais potentiellement être assigné à du helpdesk, qui est en gros de l’assistance informatique aux autres employés de la société, par exemple lorsqu’un pc est cassé, lorsqu’une imprimante ne fonctionne plus… La seule raison pour laquelle ils voudraient m’assigner à cette tâche est… parceque je sais parler anglais. Inutile de vous dire que j’ai gentiment refusé l’offre !
Avec toutes ces petites choses mises bout-à-bout, j’ai continué à chercher du travail en parallèle, afin de voir si je ne pouvais pas trouver mieux. C’est aussi un bon moyen pour moi de savoir ce que je vaux, de pratiquer mon japonais business, de voir l’état du marché (spoiler : il est catastrophique), et éventuellement de dégoter un meilleur poste, maintenant que le problème de deadline du visa n’est plus au goût du jour.
Après 2 mois à chercher, je n’ai toujours pas trouvé de meilleure solution, malgré la dizaine d’entretiens que j’ai pu effectuer. Être débutant en 2023 est un vrai calvaire, et je commence à me dire que rester dans mon entreprise pour cumuler l’expérience n’est peut-être pas une si mauvaise idée. Je vous tiendrai au courant évidemment !
Conclusion
Cette année 2023 aura été intense, comme prévu, et n’aura pas manqué de rebondissements. Je suis parvenu à atteindre mes objectifs fixés lors de mon arrivée ici, et c’est une grande fierté pour moi d’avoir relevé tous ces défis. L’aventure n’est bien évidemment pas finie, mais je pense que 2024 sera un peu moins riche en émotions, car je pense me concentrer sur mon évolution professionnelle, notamment avec la recherche d’un meilleur poste.
Je vous remercie chaleureusement pour votre soutien permanent, vos messages et vos réactions à mes posts/stories. Ca fait vraiment chaud au coeur de savoir que malgré la distance, je peux compter sur vous dans mes moments de doute, comme dans mes moments de joie !
Je vous souhaite une bonne fin d’année 2023, et tout le meilleur pour l’année 2024 !!!




































Autres articles
Rétrospective 2024
Clap de fin pour cette année 2024, ma troisième au Japon, et comme le veut la tradition (que j’ai inventée au passage), je me devais de faire un point sur cette année qui s’est écoulée bien trop vite à mon goût. Sans rentrer dans les détails, que je garde pour la suite de cet article,…
Le pied à terre, le genou aussi
6 mois, la moitié d’une année sans vous donner de nouvelles, j’espère que vous ne m’en voudrez pas, après tout « Pas de nouvelles, bonne nouvelle » n’est-ce-pas ? A vrai dire, c’est plutôt le cas, mais en relisant mon article du mois de Mars, je me suis rendu compte que j’avais quelques news à vous partager…
Reculer pour mieux sauter
L’Hiver et ses journées fraîches arrive timidement à son terme, les couleurs vives du Printemps font leur apparition, et pour accompagner ce moment de transition, quoi de mieux qu’un petit article pour vous tenir au courant de ce qui s’est passé dans ma vie en ce début d’année 2024 ? Pour être honnête avec vous,…
Un avis sur « Rétrospective 2023 »