
Fin de l’aventure.
Vous avez bien lu le titre. Je suis au regret de vous annoncer que mon aventure au Japon touche prématurément à sa fin. A l’heure où vous lisez ces lignes, je suis déjà rentré en France, et j’en profite donc pour vous expliquer les raisons, pas forcément évidentes, mais reliées entre elles par un facteur commun (coucou Covid-19), qui m’ont poussé à abandonner mon année de césure.
Coronavirus
La situation au Japon
Sans grande surprise, le Coronavirus est la cause majeure, mais pas unique, de mon départ anticipé. Je ne vous l’apprends pas, le Covid-19, fléau sanitaire de 2020, secoue tous les pays du monde entier sans exception depuis plus de 3 mois. Je me dois de vous expliquer l’historique de la situation du virus au Japon.
De retour en fin Janvier/début Février, au Japon comme partout ailleurs dans le monde, on craignait l’arrivée du virus tout droit venu de Chine dans le pays, mais à ce moment, très peu de cas étaient recensés ailleurs que dans cet épicentre. La vie continuait tranquillement son cours, un œil rivé sur cette belle année 2020 devant accueillir les JO de Tokyo, l’autre scrutant les cas de coronavirus en Chine.

Petit à petit, le virus faisait de plus entendre parler de lui partout dans le monde, et en dehors du drame du navire de croisière Diamond Princess amarré à Yokohama (proche de Tokyo), le Japon ne souffrait étonnement pas plus que ça de l’épidémie. Après tout, les japonais sont un peuple propre, naturellement distant socialement des uns des autres disait-on. De mon côté, à ce moment, je terminais tranquillement mon trimestre de cours de Japonais à l’école, qui elle n’avait pas été concernée par la fermeture des établissements scolaires décrétée par le gouvernement Japonais. Cependant, on prenait notre température à l’entrée dans l’école tous les jours, et nous donnait du gel hydroalcoolique. Bref, les précautions étaient de mise, et c’était rassurant. En parallèle, la crise éclatait en France et en Europe.
Nous voilà à la moitié du mois de Mars, la pandémie a poussé de nombreux pays européens à confiner leurs populations pour éviter la propagation du virus. Le Japon, toujours miraculeusement rescapé de ce drame, voyait arriver les grandes vacances scolaires et la saison des cerisiers en fleurs, avec ses traditionnels pique-niques sous les cerisiers et autres Nomikai (飲み会), ces « réunions pour boire » typiquement japonaises. Malgré les avertissements et conseils du gouvernement d’éviter de sortir au maximum, relativement peu de gens restaient chez eux, la plupart continuant de se rendre au travail en utilisant bien souvent les transports bondés, ou bien simplement sortant pour profiter des températures en hausse et des paysages colorés de rose.

Malgré tout ça, le nombre de cas restait relativement bas jusqu’à un certain évènement qui marqua un étrange tournant dans l’évolution du virus ici : le report des Jeux Olympiques de Tokyo, annoncés le 24 Mars 2020. Depuis cette date, le nombre de cas au Japon ne cesse d’augmenter, principalement à Tokyo, mais également sur l’île d’Hokkaido et dans la région d’Osaka/Kyoto. Le 7 Avril 2020, un état d’urgence est décrété dans les 7 régions du Japon les plus touchées, se traduisant par « un confinement non imposé, mais très fortement recommandé ».
C’est à partir de ce moment que j’ai réellement commencé à m’inquiéter pour le pays et pour l’avenir de mon année.
De mon point de vue, le gouvernement japonais s’y prend très mal, enchaînant les non-sens et les annonces ridicules. Pour en citer quelques-uns :
- L’étrange bond du nombre de cas depuis l’annonce du report des JO, laissant penser que le Japon a potentiellement cherché à dissimuler le nombre de cas pour éviter que les JO n’en soient impactés.
- Tokyo était soumise à un confinement… uniquement le soir et le weekend, car c’est bien connu que le virus ne se promène que la nuit et en fin de semaine.
- Le gouvernement propose de l’aide aux japonais qui n’ont plus la possibilité de travailler… en offrant 2 masques par famille et des coupons pour acheter du bœuf. (Ici le chômage partiel n’existe pas. Pas de travail = pas d’argent). Cependant, le pays a entre-temps annoncé qu’une somme de 100 000 yens (environ 850€) allait être décernée à chaque habitant du Japon.

Notez le réel début de la croissance de la courbe à partir du 24 Mars, date de report des JO.
Ce 17 Avril 2020, l’état d’urgence est étendu dans tout le pays, toujours avec un confinement « non imposé, mais très fortement conseillé ». Ici encore, j’ai personnellement l’impression que le pays cherche plus à éviter de perdre trop d’argent en mettant le pays à l’arrêt, plutôt que d’essayer de limiter au maximum la propagation du virus.
Mais en quoi ai-je été impacté par le virus ?
Jusqu’à début Mars, mon quotidien n’était pas tant affecté que ça par le virus. J’ai réellement commencé à ressentir l’impact du virus au travail, car évoluant dans le milieu de l’hôtellerie, le nombre de réservation a drastiquement chuté, et par conséquent je ne pouvais plus travailler qu’un ou deux jours par semaine. Dans ces conditions, il était difficile de gagner assez d’argent pour tenir jusqu’à l’été.
Ensuite, le voyage avec mes bros de cet été. Le Japon étant frappé par la vague du virus bien plus tard que les autres pays du monde, j’ai la certitude que ce voyage n’aurait pas été possible, de par la fermeture des frontières, mais aussi des lieux publics. Même si il avait été possible pour eux de venir sur place, il n’y aurait rien eu à faire, d’autant plus que le gouvernement préconise une auto-quarantaine de 2 semaines à l’arrivée…
Enfin, l’école. Le trimestre suivant devait se faire en visioconférence pour éviter tout rassemblement à l’école. Pour moi, il est impossible de suivre un cours de langue étrangère depuis chez soi, car le gros avantage de l’école de langue est la possibilité d’échanger en permanence avec les autres élèves et les professeurs. En retirant cet avantage, pour moi, il n’y a plus aucun intérêt, travailler le japonais seul chez moi reviendrait quasiment au même.
Cherchant également à limiter la propagation du virus, je me suis confiné chez moi, ne sortant que pour faire les courses une à deux fois par semaine, et pour être honnête, c’est chiant à mourir !
J’entends déjà les gens me dire « Oui mais Flo, en France c’est pareil tu n’auras rien à faire de plus ». à ces gens j’aimerais leur rappeler que je vivais dans un 9 m², avec quasiment aucun élément confort, et qu’étant rentré chez mes parents, je ne paye plus de loyer ni de charges, j’ai beaucoup plus d’espace pour vivre avec un jardin, et surtout je suis auprès de ma famille (et de mes chats lol). Ajoutez à ça le remboursement partiel de mon trimestre scolaire annulé, ainsi que la facilité de vivre dans mon pays d’origine et vous aurez tous les éléments vous montrant qu’il y a un réel intérêt à revenir en France.

L’école de langue
J’aimerai également pour parler de mon ressenti sur l’école de langue et sur le cursus qu’on peut y suivre. Tout d’abord, je tiens à dire que l’école dans laquelle j’ai étudié 3 mois est une très bonne école, avec une bonne ambiance, des professeurs très appliqués et toujours à l’écoute, prêts à vous aider en cas de besoin. Pour celles et ceux intéressés, vous pourrez accéder au site de l’école en cliquant ici :
A la base, j’étais venu étudier 6 mois, au milieu d’élèves sensés effectuer le cursus complet qui, lui, dure 2 ans. Au bout de ces 2 ans, en partant du niveau grand débutant, il était garanti d’obtenir un niveau JLPT N2, et la faculté de pouvoir se débrouiller sans problème dans la vie de tous les jours au Japon, de trouver un travail stable parmi les japonais, ou bien même d’entrer dans une université ou un lycée professionnel sur place.
Même si j’ai énormément progressé en 3 mois de cours, je ne peux m’empêcher d’être frustré à l’idée de ne pas faire le cursus complet de 2 ans, car l’objectif final est de pouvoir parler couramment le japonais. J’aurais donc au mieux effectué 1/4 du cursus. De plus, je me suis rendu compte que je perdais rapidement en qualité de langage quand je n’avais pas cours (weekends/vacances scolaires).
Je me suis donc posé la question de l’utilité de ne faire que 6 mois, sachant que je n’aurais certainement pas trouvé de poste qui corresponde à mes exigences d’ici la fin de l’année (voir mon article précédent : Checkpoint) . Pour résumer, dans mon esprit, je savais que j’allais rentrer en France à la fin de mon année de PVT, et n’ayant fait que 6 mois d’école, j’aurais très vite perdu mon niveau une fois rentré. Néanmoins, j’aurais quand même continué les cours jusqu’à Juin si le Coronavirus n’avait pas rendu les choses plus compliquées.
Mais tout n’est pas noir dans cette histoire. Je suis enfin parvenu à briser la barrière qui m’empêchait de m’exprimer à l’oral en japonais, et j’ai acquis une méthode d’apprentissage bien plus rigoureuse, qui me permettra d’apprendre bien plus facilement quand j’étudierai en autodidacte. Car non, je n’ai pas abandonné l’idée d’apprendre la langue, bien au contraire !
Conclusion
Bien que cette aventure ait été écourtée, je pense sincèrement que rentrer en France est le meilleur choix possible face aux évènements auxquels nous faisons face. Je n’ai simplement pas eu de chance. Mais il faut savoir avancer et être capable de prendre des décisions, même si celles-ci impliquent de faire une croix sur un aussi gros projet qu’une année à l’étranger.
J’aurais très bien pu rester au Japon et continuer mon année, mais l’idée de rester enfermé chez moi, sans rien pouvoir faire, et ‘perdre’ de l’argent tous les mois sans pouvoir travailler… M’ont vite poussé à revoir mes plans pour cette année.
Quoi qu’il en soit, j’espère que le récit de mes aventures vous a plu, et vous a donné l’envie vous aussi d’entreprendre des projets qui vous tiennent à cœur. Si j’ai pu vous transmettre cette envie à travers mes articles, alors ma mission est réussie !
De mon côté, je vais chercher un travail qui corresponde à mes études et à mes exigences en France, pour commencer ma toute nouvelle carrière professionnelle, tout en continuant d’étudier le japonais à côté.
Ceci est le dernier article de ce blog. Merci de m’avoir suivi, et merci de vos commentaires et de vos retours attentionnés, et à bientôt autour d’un bon verre en France ! ❤
Contente de te revoir proche de ta famille avec des projets cohérents à la hauteur de tes possibilités….
Peut être une autre année s’offrira à toi
Le monde ne tourne plus …laisse le repartir !
En attendant tu as fais le bon choix
Sois positif tout ira bien !!
Et merci pour ce retour inattendu !!!!!
Bisous 😘 virginie
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Bienvenue au pays Flo !!!
Et bravo pour ce que tu as entrepris, la vie te réservera encore bien des surprises…
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